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août 03

Commerce international et RSE en Bolivie

Le 8 Juin 2012, nous avons rencontré une responsable de projets en matière de RSE à l‘Institut bolivien du Commerce international (IBCE en espagnol: Instituto Boliviano de Comercio Exterior).

L’IBCE a été fondé en 1986 conjointement par cinq chambres régionales de commerce, sa mission principale étant d’apporter un soutien technique aux entreprises exportatrices. Depuis cette date, il a également aidé les entreprises à équilibrer leurs exportations et des importations, et les soutient dans leurs relations avec le gouvernement.

Ces dernières années, l’IBCE a également participé à plusieurs discussions commerciales internationales avec des gouvernements étrangers, fournissant son expertise, et a aussi aidé à former un projet ad-hoc avec la Suisse pour soutenir les entreprises boliviennes ciblant le marché suisse. L’IBCE travaille avec de nombreux secteurs, incluant mais sans s’y limiter, la production de canne à sucre, de coton, bois, lait, huile végétale, et l’exploitation minière.

Le PIB de la Bolivie a augmenté de 6% en 2011, même si la crise financière mondiale a ralenti les exportations vers l’Union européenne et les États-Unis. L’UE reste le premier client pour une douzaine de produits d’exportations : pour les denrées alimentaires comme le café ou le cacao, et les produits manufacturés tels que des vêtements et des bijoux. Etant privée d’accès à la mer, la Bolivie subit un coût de transport élevé pour utiliser les ports de commerce des pays voisins, qui sont à la fois des partenaires et des concurrents commerciaux. A l’intérieur des frontières, une partie importante de la population active travaille dans le secteur informel, en particulier les jeunes et les femmes (l’ONU estimait en 2010 que plus de 30% de ces populations travaillent avec un emploi informel, le chiffre réel pourrait être encore plus important). Sur les emplois formels, les employeurs ont tendance à essayer d’éviter de payer des impôts: un système commun est que les travailleurs reçoivent leur salaire en deux parties, l’une officielle qui génère des revenus fiscaux pour le gouvernement, l’autre payée en numéraire sous la table. Dans l’ensemble, l’IBCE comme plusieurs organisations internationales (Banque Mondiale, …) considèrent que la corruption est un problème endémique en Bolivie et touche la plupart des secteurs d’affaires. Les organisations internationales qui prêtent des fonds pour des projets d’infrastructure scrutent les dépenses attentivement, pour tenter de combattre la corruption. Des progrès ont été faits ces dix dernières années grâce à des lois étatiques forçant plus de transparence sur le secteur privé et les fondations.

Le développement durable est devenu un sujet plus pressant pour les entreprises boliviennes qui souhaitent exporter leurs produits vers des marchés exigeants et présentant des barrières à l’entrée sur des critères de qualité et de transparence,  comme c’est le cas avec l’Union européenne. Les producteurs de canne à sucre sont régulièrement concernés, car le travail des enfants est une réalité permanente dans ce secteur. C’est pourquoi l’IBCE a développé des services dédiés à la responsabilité sociale des entreprises. L’IBCE communique régulièrement sur la RSE dans les affaires, la responsabilité dans la chaîne de valeur et les meilleures pratiques sociales, à travers des supports de type presse spécialisée et des événements. Pourtant, la plupart des entreprises contactent l’IBCE seulement quand elles sont confrontées à des problèmes, généralement un conflit avec les communautés environnantes.

Aujourd’hui, l’IBCE dispose d’un portefeuille complet d’outils et de projets à mettre en œuvre avec les entreprises, selon leur situation, mais on peut dégager l’approche générale suivante:

# 1 Convaincre l’entreprise que les pratiques habituelles, prime ponctuelle aux travailleurs ou pot de vin au chef de la communauté, ne sont pas à leur avantage sur le long-terme, et commencer à rechercher une solution plus durable pour toutes les parties impliquées.

# 2 Financer un programme de transformation. Les fonds demandés à l’entreprise sont souvent complétés par des subventions de fondations et/ou de l’IBCE.

# 3 Offrir à l’entreprise des outils pour suivre ses propres travaux et communiquer sur ses progrès, tels que la certification sur les normes nationales ou internationales.

# 4 L’IBCE accompagne les entreprises dans la durée, avec des conseils techniques sur leur métier et sur l’import/export. La certification est un outil efficace, car elle encourage les entreprises à maintenir l’effort.

Cette démarche est appliquée sur un nombre croissant de projets depuis 2006. Le point de vue des entreprises évolue petit à  petit, et des sujets tels que le travail des enfants ou le travail forcé sont moins tolérés qu’auparavant. Le travail des enfants est le sujet le plus sensible chez les partenaires commerciaux potentiels de la Bolivie, c’est pourquoi l’IBCE a développé des projets spécifiques. Dans l’ensemble, les principaux problèmes liés à la responsabilité des entreprises boliviennes sont liés aux conditions de travail.

Encore aujourd’hui, la tendance générale est que les entreprises boliviennes ne s’intéressent à la notion de RSE que lorsqu’elles sont confrontées aux conséquences commerciales d’un problème social ou environnemental.

Remarque: puisque l’IBCE travaille uniquement avec des entreprises boliviennes, de toutes tailles, mais pas avec des groupes étrangers ni avec leurs filiales locales, la description des travaux ci-dessus s’applique uniquement aux entreprises boliviennes.

 

A propos de l'auteur

Jean